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Aliath revient sur quatre témoignages marquants d’entrepreneurs et dirigeants de ce début 2013

Aliath revient sur quatre témoignages d’entrepreneurs et dirigeants courageux, audacieux, visionnaires et particulièrement inspirés de ce début d’année 2013. De ces hommes qui portent haut les valeurs de l’entreprise humaine et mettent un point d’honneur à faire de la complexité humaine (diversité, fragilité) une force contre l’adversité, un élément central de la performance collective. Jugez plutôt…

Les femmes, l’avenir de la négociation de crise ?

Aliath revient sur le petit-déjeuner Femmes et Business de l’Expansion, février 2013

Laurent Combalbert (*), ancien membre du RAID devenu négociateur de crise, était l’invité du débat « pourquoi les hommes et les femmes ne négocient pas de la même façon ? ».  Convaincu de l’apport des femmes au sein d’un univers longtemps exclusivement masculin – le RAID, il livre une analyse fine et décomplexée de la complémentarité hommes/femmes en valorisant les différences des deux sexes.

Il fait notamment un parallèle intéressant entre les préjugés et l’inconscient collectif qui existent autour de l’image du chef d’entreprise et celle du membre du RAID. Ce sont les mêmes notions de force, de difficultés parfois physiques et de risques qui sont véhiculées et qui tendent à pénaliser l’arrivée des femmes à ce type de responsabilité, alors même que d’autres notions toutes aussi essentielles sont totalement occultées (empathie, émotion, compréhension du contexte…).

Son crédo : si le masculin ne craint pas le risque, le féminin, lui, s’autorise l’émotion ; or, c’est l’émotion qui porte l’intuition. Il conclut en indiquant que la mixité est un atout majeur dans la négociation de situations complexes et vante sans réserve les mérites des équipes mixtes qui s’avèrent extrêmement efficaces sur le terrain.

(*) Laurent Combalbert, officier de police en situation de disponibilité est un négociateur de crise chevronné. Il a fait partie du RAID pendant de nombreuses années.

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Ce qui ne tue pas rend plus fort, surtout quand on peut compter sur la force du collectif !

Aliath a assisté au petit-déjeuner du Grand Lille à Paris, mars 2013

Gontran Lejeune était l’invité de l’association « Le Grand Lille à Paris » sur le thème : « Et si reconnaître et accepter sa fragilité était une force ? ». Son témoignage, plein d’humilité, force l’exemple, à la fois, par les messages qu’il transmet et les valeurs humaines qui le sous-tendent.

Il raconte comment sa vie a basculé le jour où son entreprise de négoce de volailles fraiches, jusqu’alors florissante, est frappée de plein fouet par la grippe aviaire – 2006. En un rien de temps, le chiffre d’affaires de l’entreprise dégringole et la situation devient critique. S’il se refuse à licencier, il sait qu’il ne tiendra pas longtemps. Il est tenté de s’isoler, plein de déni pour un contexte qui lui échappe et puis il y a ce déclic. Il parle d’électrochoc, là où d’autres verront surtout le courage d’un homme qui prend son destin en mains. Il réunit tous ses salariés et en totale transparence ne leur cache rien de la gravité de la situation avouant même sa propre impuissance à trouver une solution.

La démarche est osée – le dirigeant s’est exposé comme peu l’auraient fait, elle n’en est pas moins un formidable appel au collectif qui ne se fait pas attendre pour réagir. En quelques heures, le corps social de l’entreprise, mis en confiance, responsabilisé, se mobilise pour penser une nouvelle stratégie pour l’entreprise. Elle sera finalement sauvée grâce au concours de tous et surtout d’un dirigeant hors pair qui aura compris qu’il y a beaucoup d’agilité dans la fragilité.

De cette expérience, Gontran Lejeune a développé une approche du management responsable en 4 clés :

  • la clé des sous, qui prône une relation transparente à l’argent dans l’entreprise corrélée à une double évaluation de la performance individuelle et collective.
  • la clé du nous, qui met en exergue la force du collectif à condition de le mobiliser en confiance et avec sincérité.
  • la clé des champs, qui souligne l’importance de la relation de l’entreprise avec son environnement et notamment sa responsabilité générationnelle.
  • la clé des autres, qui insiste sur l’importance d’une solidarité de proximité de l’entreprise avec son écosystème d’affaires (écoles, formation…).

(*) Gontran Lejeune est l’ancien PDG de la PME familiale Lejeune. Il a été le 30ème président du Centre des Jeunes Dirigeants (CJD, 2008/2010). Il est actuellement directeur associé du cabinet de recrutement Bienfait & Associés, et membre du Conseil Economique et Social.

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Ne jamais renoncer, c’est se donner les moyens de réussir.

Retour d’Aliath sur la conférence Femmes Chefs d’Entreprises, Mars 2013

Nicolas Doucerain était l’invité de la conférence intitulée « Face à la crise, ayez les bons réflexes ». Un thème qu’il connaît bien pour l’avoir vécu et raconté dans son livre « Ma petite entreprise a connu la crise ». C’était en 2008, son entreprise, Solic, habituée à des taux de croissance avoisinant les 40% par an se voit stoppée net par la crise financière. En quelques mois, son chiffre d’affaires est divisé par deux, tout comme son carnet de commandes.

Passé le choc, il réduit les salaires – à commencer par le sien, il supprime tous les avantages et se voit contraint de licencier. En 2009, après trois vagues de licenciements, les pertes continuent de s’aggraver et la trésorerie passe dans le rouge. C’est alors qu’en son âme et conscience il prend une décision contraire à l’avis général. Il prépare la mise en redressement judiciaire de Solic et annonce son objectif de redresser l’entreprise sous 6 mois.

L’homme, dirigeant autodictate, n’en est pas moins un fin entrepreneur. Il a pris un engagement fort qu’il va accompagner de suite d’actions concrètes et peu habituelles. Le jour même du dépôt de bilan, il appelle tous ses clients et fait toute la transparence sur la situation de son entreprise et ses projets d’avenir. Le pari est fou, peut-être osé aussi, il devient gagnant quand ses clients décident de s’engager à ses côtés et de soutenir le projet. L’entreprise passera la crise.

De cette expérience, Nicolas Doucerain a tiré plusieurs enseignements sur le rôle d’un entrepreneur responsable en temps de crise.

  1. Il doit être exemplaire et montrer l’exemple.
  2. Il doit savoir bâtir des projets à très court-terme qui contribuent à entretenir la dynamique interne. Avoir des projets, c’est avoir une perspective. Cela donne à penser, cela motive la confiance en l’avenir.
  3. Il doit être capable de rendre simple ce qui est compliqué et de se focaliser sur l’essentiel.
  4. Il doit donner du sens, réenchanter l’entreprise.
  5. Il doit faire preuve d’autorité et de rigueur pour que le projet devienne réalité et succès.

(*) Nicolas Doucerain est le PDG du groupe Solic, cabinet de conseil en recrutement et en ressources humaines. Il est chroniqueur expert sur BFM et animateur du blog « Nos PME ont du talent ».

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Féminiser l’économie pour plus de diversité, d’équité et de modernité

Aliath a participé au Forum « Osons la France », Avril 2013

François Pérol était l’invité du Forum « Osons la France » pour parler de la féminisation de l’économie. Engagé de longue date en faveur de l’égalité hommes/femmes, il a le mérite de l’avoir exprimé sans tabous et mis en œuvre au sein notamment de BPCE qui compte aujourd’hui deux femmes sur six au Comité de Direction Générale et six femmes sur vingt au Comité Exécutif. Des chiffres significatifs lorsque l’on sait que les comités exécutifs, non contraints par la loi à la différence des conseils d’administration ou de surveillance, restent encore très peu féminisés.

S’il ne croît pas à un exercice sexué du métier de dirigeant, « il n’y a pas de différence […], l’important pour un dirigeant est d’avoir du courage, de la vision et de l’empathie », il milite pour qu’il y ait plus de femmes aux postes de responsabilité pour deux raisons simples. La première raison porte sur la diversité et sa richesse intrinsèque, « il faut combattre le fait de recruter des gens qui nous ressemblent […] je suis allergique aux clubs d’hommes ». La seconde est une raison d’équité et d’avenir, « une société moderne n’est pas une société réservée aux hommes, nos enfants ne le désirent pas ».

Convaincu que la féminisation des postes à responsabilité est une tendance de fond juste et nécessaire mais où les progrès sont encore timides, il invite les dirigeants à s’engager plus avant, en se fixant des objectifs précis et régulièrement mesurés. Il incite même les dirigeants à se contraindre au choix pour être toujours en mesure de proposer aux femmes des postes à responsabilités (ex : s’assurer que pour tout poste à responsabilités vacant, il y a au moins une femme candidate, etc.). Il conclut en insistant sur la nécessité de ne pas baisser la garde sur la place des femmes aux plus hautes instances de l’économie et de continuer de pousser le mouvement de fond qui sera d’ici quelques années une réalité des sociétés modernes.

(*) François Perol est Président du directoire de BPCE.

Dominique Druon, 30 avril 2013

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